Fatiguée plus que perdue, révoltée plus qu'en colère, triste plus qu'amère : en écriture comme en amour il faut que les mains aient la parole pour que les mots soient des caresses. J'ai peut-être
effectivement serré trop longtemps les poings dans les poches pour désormais pouvoir toucher du doigt les évidences d'une vie.
Le chat dort sur mes genoux, la lumière est douce et la voix de Marie-Paule.Belle transperce la nuit. Je t'écris comme on écrit à une amie, l'esprit ouvert,
le coeur en miettes et l'âme en paix.
Puissent les mille premiers bisous ne jamais oublier le dernier.
Par Nicole Garreau
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"... et dites à môôôôôôôssieur Spinoza d'aller faire un bisou au lave-vaisselle, j'ai les mains dans le Paic
citron."
Nicole G., pompiste.
Par Nicole Garreau
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Zoupinotte , la petite escargotte qui habite sur le montant de la potte, a bougé de trois centimottes. Quelle coquine !
Par Nicole Garreau
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L'hypermarché en travaux résonne encore de toutes les apocalypses et les martèlements engloutissent Vivaldi. Personne n'a jugé bon de couper le haut-parleur, les poireaux s'étiolent de bruit et
de fureur, le monde tremble et le commerce entre pour de bon dans son futur.
L'homme a pris les cinq suivantes. Cinq caissières arrachées au tapis roulant, cinq nouvelles à qui il va apprendre à chérir la machine qui les mettra au chômage. L'arrivée des caisses
automatiques sonne le glas des archaïsmes, une seule salariée pourra désormais avoir le rendement de toutes, les autres pourront du reste de leur vie faire ce qu'elles veulent où elles le
veulent, la liberté est une chose merveilleuse.
Le pot de moutarde sautille dans la main du démonstrateur survolté. La machine accepte le bocal dans tous les sens, le lecteur optique est infaillible, traque le code à barres jusque
entre les grains de sénevé -- emmerveillez-vous mesdames.
Martine n'est plus là. Le regard assassiné elle sait déjà que demain elle se lèvera tard et n'aura plus que faire des bruits de la vie.
Par Nicole Garreau
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"J'étais certes moins malheureuse à trente ans qu'à vingt, et moins à quarante qu'à trente... vivement que je sois quinquagénaire pour de bon." se complaisait-elle à ressasser en
guise d'ultime dédouanement.
Naaaaan, on gagne certes en sérénité ce que l'on perd en physique(*) mais le problème avec le temps, c'est que sa durée n'est pas constante et qu'un laps à quarante ans est infiniment
plus court que le même à vingt. C'est pour ça que l'on se ratatine en vieillisant : ce n'est pas dû à l'usure de nos corps mais à la vitesse du temps dont l'accélération nous plaque tout au fond
de nous-mêmes.
(*) Encore que, dans mon cas...
Par Nicole Garreau
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