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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 15:13

 

Il m’a regardée avec ces yeux-là, Marie, tu sais ? Avec les yeux d’un enfant découvrant le sapin, un matin de Noël. Et c’est à ce moment qu’il m’a raconté l’histoire, le truc avec les clefs, les figues, le Paradis. Un truc grec et persan, le mélange des univers qu’il disait voir en moi – et moi j’ai fondu, tu penses bien.

 

J’ai tenté de lui expliquer, Marie, je te le jure, mais je me suis laissée faire et son récit m’a emportée. Il m’a dit que je n’avais qu’à regarder les mots, que tout était dedans, que c’était écrit – une quasi-évidence. Le Pairi Daiza, « Paradis », oasis à la porte d’un autre Orient, le Pairi Daiza qui accueillait les voyageurs assoiffés à la sortie du désert, le Pairi Daiza couvert de figuiers aux fruits charnus et magnifiques… Il voulait que je fasse les rapprochements, Marie, tu comprends ? Il me les servait, me les mimait pour que je puisse comprendre – comprendre son périple, comprendre son appétit. Il m’a dit que c’était moi qui gardais la clef de cet Eden, au fond de moi, qu’il le croyait, qu’il en était sûr, la clef, la pliktro des Grecs… Pliktro, le mot est presque resté le même… Pliktro, les figues, le Paradis… ça ne te rappelle rien, Marie ? Il voulait boire en moi et moi je n’ai pas pu lui dire que la source était restée sous les sables – alors j’ai menti et me suis mise à pleurer.

 

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Publié par Nicole Garreau
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