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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 16:12

 

Elle la revoit maintenant très bien, la fameuse usine dans laquelle son ami Phil avait laissé deux doigts en pâture, et cette avenue, devant, cette longue et interminable avenue lui étant sur un côté exclusivement réservée, les descentes du bourg sous le soleil de juin, la chaleur du bitume, les caves de la rangée de maisons en face ; les Ablettes ici, oui, un « vieux » Ramones là-bas, la fumée, le rock, la rage, les yeux si clairs de Phil, l’opalescence de Dannie, les promesses du monde qui change, elle se souvient très bien, tout est encore tellement à fleur de peau…

 

Alors forcément, des décennies après, elle reçoit toujours ça comme une balle en plein cœur.

 

 

 

Publié par Nicole Garreau - dans Diogène de Cinoche
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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 15:08

 

Et alleeeeeeeeeez… Si mamie Nicole commence à faire la critique de cinoche, on n’est pas sorti(e) de l’auberge, mais bon…

 

J’ai vu La Comtesse, hier soir. Pas celle des chaussettes, non, celle-là est archiduchesse, mais la Comtesse Báthory, vous savez, là, cette noble dame d’Europe centrale qui, à l’orée du XVIIe siècle, partit en quête de « sa pierre philosophale », son désir fou d’éternelle jeunesse, et fit à cet escient vider de leur sang toutes les vierges de la contrée. Mazette. Wikimachin nous dit que nenni, nulle fiction, Elizabeth Báthory a bien existé et que « sa vie son œuvre », si vous me passez l’expression, se sont bien peu ou prou déroulées telles que le film nous les conte mais nous savons tou(te)s – et cela nous est d’ailleurs rappelé tant en prologue qu’en épilogue – que « L’Histoire est une fable fabriquée par les vainqueurs ».

 

Quoi qu’il en soit, il est difficile de ne pas rapprocher le parcours d’Elisabeth Báthory de celui de Gilles de Retz (ou de Rais, chipotez pas, c’est le même) tant les tenants et aboutissants semblent similaires. Des dettes à foison, une obsession qui les ronge (le coup du plomb et de l’or pour l’un, la « jouvencitude » pour l’autre), des bons conseilleurs et fournisseurs qui s’en mettent plein les fouilles au passage et hop, la barbarie, la barbarie encouragée, la barbarie que la réputation enflera dès que le vent changera de côté – vous savez comment est l’être humain, après les guerres il n’y a que des résistants.

 

Bref, je ne vais pas faire appel, c’est trop tard, Elisabeth est morte depuis belle lurette et puis oui, même si elle fut prise dans un engrenage elle est coupable, bien sûr. Julie Delpy, réalisatrice et magnifique interprète du rôle-titre nous sert là un film très réussi, je trouve, « tant techniquement qu’émotionnellement » (pffffff… Quand ils disent une phrase comme ça sur Télérama ça fait pro, quand moi je la dis ça fait pétasse, j’en ai marre), en tout cas un film tout en nuance, soulignant bien le fait que les vérités ne sont jamais constituées de bois brut.

 

Voilà voilà voilà.

 

 

Tu-vas-rire-j-ai-encore-oublie-le-Viandox.jpg

 

Publié par Nicole Garreau - dans Diogène de Cinoche
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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 13:03

 

Bon sang, je suis trop émotive, sûrement, je me prends tout en pleine face, de plus en plus, de plus en plus violemment – c’est sans doute ça, l'âge, nos histoires trouvent écho dans celles d’autrui, dans toutes celles d’autrui ; on relativise tout d’un côté tandis que la douleur devient universelle de l’autre. Fichu paradoxe, encore un.

 

Bon, tout ça pour vous raconter que je me suis faite hier soir une séance « télévision de rattrapage », comme on dit maintenant, chez moi, dans mon p’tit deux-pièces-au-fond-de-la-cour, un truc de vieille, donc, le chat ronflait, la tisane fumait, Internet internait (bon ça ça ne veut presque rien dire, c’était juste pour briller) et je suis tombée sur Va, vis et deviens, de Radu Mihaileanu, et je fus… transpercée, tétanisée, écartelée, bref, tout ce que vous voulez qui fait mal, extrêmement mal.

 

Excès de sensiblerie, oui, je sais. Et pourtant… Va, vis et deviens conte l’histoire de Schlomo, enfant éthiopien noir de famille chrétienne, que sa mère pousse à fuir en Israël en se faisant passer pour Juif falasha, lors de « l’Opération Moïse ». La caméra de Radu Mihaileanu nous propose de suivre, plus de deux heures durant, la manière dont le jeune homme va se construire partagé entre sa famille adoptive et le souvenir lancinant de sa mère biologique, restée dans un camp de réfugiés en Ethiopie.

 

Voilà, bon, mon résumé est un peu lapidaire, forcément, mais je ne veux rien déflorer et je suis plusieurs heures après encore suffisamment submergée par l’émotion provoquée par ce film pour ne point parvenir à en causer sereinement – j’ajoute qu’en bonne anarcho-communiste que je suis plus ou moins restée je ne suis pas nécessairement très versée dans les subtilités de ces univers. Je me suis donc placée en tant que spectateuse lambda, n’ayant aucun parti pris pro ou anti untel ou untel, j’ai juste vu le côté sentiment humain « universel » de la chose.

 

N’empêche, si vous saviez comme j’en ai marre, de tout ça...

Publié par Nicole Garreau - dans Diogène de Cinoche
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