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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 11:39

 

Rooooooooo… D’accord, ce blog n’était initialement pas prévu pour ça, non, moi je ne voulais faire rien qu’à y déposer des choses d’une fraicheur insoutenable, des choses avec des rimes et des mots qui font chaud au cœur, parler d’amours, du chat, de mon petit chez moi, de mon dernier mascara ou de je-ne-sais-quoi – des choses de la vraie vie, de celle des anges, bref, « des trucs de fille », comme dit mon amie Emma lorsqu’elle parle des choses en prise directe avec la réalité.

 

Mais là c’est plus fort que moi, ça va déraper, je sens que ça vient, il y a un machin qui m’agace, il va falloir que je pamphlète : au hasard d’une de mes balades en ligne, je suis tombée sur un documentaire causant d’Auroville. Si. Ça m’a laissée en proie à des sentiments très divers, et tout a ressurgi, j’ai des petits soucis de compréhension face à ce genre d’expériences, contrairement à ce que pourrait laisser croire ma euh… mon… ma vie, quoi.

 

Ze vous raconte mon problème ? Allez : dans le cas d’Auroville comme dans de nombreux autres, je suis in fine stupéfaite par la ressemblance entre l’alternative proposée et le système qu’elle est censée bin… alterner, justement, et je ne vois pas comment on ne peut pas ne pas voir que ça, si vous me pardonnez cette phrase un peu tordue. Parce qu’en fait d’utopie désutopisée, je ne sais pas ce que vous avez senti, vous, chafouins lecteurs, mais moi ze n’ai perçu qu’un remake à petite échelle de la honnie Société. Un remake assez dogmatique et même franchement déiste (voir la fondatrice de la chose, hein, « La Mère », à qui les Aurovilliens semblent vouer un culte pire que moi à Brad Piiiiiiiiiiiiiiiitt), un remake ne s’exonérant que très partiellement des notions mercantiles et pas du tout de sa dépendance au reste de la Société, comme on peut l’entendre dans les propos d’une des habitantes (« Ah bah oui forcément, dans notre magasin on n’a pas tout mais si on veut une tablette de chocolat on va l'acheter au supermarché à Pondichéry » – sic) ou dans ceux d’un de ses concitoyens, méprisant tellement le système économique qu’il attend le chèque que sa famille lui enverra d’Europe. J’ veux pas dire, hein, mais question « Le grand Soir », ça m’a laissée un peu flapie.

 

Tiens – pardon, tenez : ça me rappelle un peu le coup des S.E.L., là, les Systèmes d’Echanges Locaux. Comme je suis « rin qu’une pauv’ vieille » et qu’étant petite c’était pire puisque j’étais quasi-blonde, j’aimerais bien que l’on m’explique ce que ça change, ces trucs, sur le fond de la vie. Parce que tout de même, à moins que j’aie loupé un épisode, ça consiste bien toujours à attribuer une valeur aux choses, non, et à échanger lesdites choses contre ladite valeur ? Ça change quoi, alors, au fond, que la valeur soit estimée en monnaie sonnante et trébuchante, en grains de sel, en services ou en je-ne-sais-quoi ? Quoi ? Le troc ? Mais je vous signale tout de même que ça fonctionne déjà comme ça, dans la Société, les enfants : je troque ma force de travail (le « service ») contre des soussous, que je troque ensuite chez Pantashop contre le petit jean qui va bien ; le patron de chez Pantashop troque mon argent contre une grosse voiture qui pollue grave, et ainsi de suite. Normalement, si tout va bien, c’est-à-dire dans un système où les « richesses » sont équitablement réparties, on finit par boucler la boucle. Non ?

 

Auroville ou les S.E.L., je veux bien, je ne demande qu’à être conquise. Mais où, où, où, oui où est le système révolutionnaire ?

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Publié par Nicole Garreau
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commentaires

Cafaitbienlongtempsquej'airasémesmoustaches 22/02/2011 00:16



Bonjour Madame,


J'ai beaucoup apprécié ce petit billet sur Auroville, ayant moi-même cotoyé, pendant ma période routard en 1969/70 plusieurs communautés j'ai pû constater qu'il y avait pas mal de
tartuffes qui attendaient souvent le chèque salvateur du papa grand bourgeois.


Au plaisir de vous lire encore.



Cammy 20/02/2011 12:14



"où est le système révolutionnaire ?"


Peut être que tant qu'il y aura le mot "Système" ça ne pourra pas être "Révolutionnaire"?  bisous!



Nicole Garreau 20/02/2011 15:27






Je te le concède volontiers ! Si je ne vois pas comment la copie d'un système dénonce le système, l'absence de système est aussi un système -- a fortiori lorsqu'elle y fait explicitement
référence.


Il doit bien y avoir une issue, mais où ?


Autant de bisous + 1.



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